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 Godzilla, King of the Monsters

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MessageSujet: Godzilla, King of the Monsters   Lun 20 Oct - 12:37


Godzilla




Qui, de nos jours, ne connait pas Godzilla (« Gojira » en japonais), le plus célèbres des kaiju (« monstres géants ») ?
Figure emblématique et universellement connue du cinéma japonais, ses origines et son évolution sont cependant bien moins connues.


Genèse et biographie d'un monstre

A l'origine de la création de Godzilla, se trouve le Kaiju Eiga (« cinéma des monstres »), style de cinéma très particulier où les monstres sont généralement joués par des acteurs en costume. Si cela peut sembler ridicule aux yeux d'un occidental habitué à l'animation de synthèse, le Kaiju Eiga trouve quand à lui son origine dans le théâtre traditionnel japonais, et les japonais y sont très attachés. Style de cinéma prolifique, il a engendré plusieurs dizaines de monstres très différents, dont beaucoup finiront par croiser le chemin de Godzilla.

Godzilla né en 1954 dans le climat troublé de l'après-guerre et incarne la peur du nucléaire des japonais suite aux frappes sur Hiroshima et Nagazaki. Il est directement inspiré du film Le Monstre des temps perdus (The Beast from 20,000 Fathoms), où un dinosaure, tiré de son sommeil par des essais nucléaires, gagne New York avant d'être abattu par les militaires. La re-sortie du film King Kong en 1952 n'y est surement pas non-plus étrangère.

Au même moment, le producteur Tomoyuki Tanaka pense à mettre sur pied un Kaiju Eiga. Dans le scénario original de Shigeru Kayama (sous le titre Katei niman mairu karakita no dai-kaiju ou « Le grand monstre venu de 20 000 lieues sous les mers »), un monstre sous-marin antédiluvien est réveillé par des essais nucléaires dans le Pacifique. Irradié, il détruit Tokyo avant de retourner dans la mer. Le second scénariste Takeo Murata ajoute la tragédie du docteur Serizawa, le scientifique à l'origine de l'Oxygen Destroyer, qui préfère se suicider plutôt que de voir son invention devenir une arme dans les mains du gouvernement.

Le premier film est tourné sous la direction de Ishiro Honda, moins de dix ans après les bombardements. Gojira est un très gros succès au Japon avec plus de 9 millions de spectateurs. Mais il est fortement censuré aux États-Unis où il bénéficie d'un montage différent, notamment pour y inclure des scènes tournées avec l'acteur Raymond Burr. Avec les scènes additionnelles et d'autres supprimées, Godzilla dure seulement 81 minutes, contre 98 pour la version originale japonaise. Ce second montage minimise l’implication des essais nucléaires américains dans la création du monstre. En France, il a fallu attendre 1997 pour que les éditions HK Video, label créé par Christophe Gans, commercialisent une VHS avec le montage original de 1954 en VO sous-titrée en français.

Godzilla meurt à la fin du film original, mais un autre Godzilla fait surface dans Le Retour de Godzilla en 1955, où il affronte le monstre quadrupède Anguirus. S'ensuit alors une longue série de films classés sous trois « ères » : Showa (1954–1975), Heisei (1984–1995) et Millennium (1999–2004). La licence compte aujourd'hui une trentaine de films et autant de jeux vidéos, ainsi que des mangas, des comics et quelques séries.





Apparence

L'apparence approximative de Godzilla, indépendamment de la conception de la combinaison utilisée par l'acteur, est celle d'un gigantesque dinosaure mutant avec des écailles rugueuses et bosselées de couleur gris anthracite, une queue puissante, longue et dentelée, et de longues épines dorsales. Godzilla est une « chimère » inspirée de divers reptiles préhistoriques, dont les descriptions ont été glanées dans des livres de dinosaures pour enfants et des illustrations à partir d'un numéro du magazine Life : Godzilla a la tête et le bas du corps d'un tyrannosaure, une triple rangée de plaques dorsales qui rappellent un stégosaure, le cou et les avant-bras des iguanodons et la queue et la texture de la peau d'un crocodile. L'aspect de Godzilla reste, de manière générale, humanoïde, du fait que ce monstre se tient droit sur ses deux pattes postérieures. C'est ainsi qu'on s'est représenté les dinosaures bipèdes durant des décennies.

D'un point de vue scénaristique Godzilla est décrit comme l'un des derniers représentants d'une espèce de dinosaures théropodes nommés Godzillasaurus dans la série Heisei, alors que dans le premier film il est un animal du jurassique/crétacé entre les reptiles terrestres et marins. Selon les versions, le monstre est endormi ou en activité lorsqu'il est exposé à des radiations dus à des essais nucléaires dans l'Océan Pacifique.  Décrit dans l'original de 1954 comme « une bombe atomique vivante », le monstre laisse des radiations empoisonnant l'environnement sur son passage. Son « souffle atomique » peut brûler une mégapole toute entière. Il est également capable de se déplacer sous l’eau aussi aisément que sur la terre ferme.

Son rugissement est resté le même d'un film à l'autre, changeant seulement de « hauteur », comme dans les deux premiers films de « l'ère Heisei » (1984–1995), où il est devenu plus lourd et plus profond, avant de revenir au son plus classique avec seulement de légères variations dans la hauteur et, occasionnellement, une sorte de « bruit de fond » inséré dans la piste sonore principale.




Symbolisme

Si elle restera globalement toujours la même (exception faite du film de Roland Emmerich), l'apparence de Godzilla, et en particulier sa taille, évolueront en fonction des évolutions de la société japonaise. Ainsi, s'il ne mesurait à l'origine qu'une cinquantaine de mètres, il finira par atteindre les 150 mètres pour suivre l'augmentation de la taille des bâtiments de Tokyo. Godzilla constitue ainsi un indicateur intéressant du développement de l'économie japonaise.

De la même façon, son apparence et son comportement changeront en fonction de la vision japonaise du nucléaire. A l'origine force de la nature détruisant aveuglément tout sur son passage, métaphore cinématographique des États-Unis et une allégorie des armes nucléaires. Les premiers films, en particulier celui de 1954, dépeignaient Godzilla comme un monstre effrayant, triste produit des radiations atomiques. Il incarnait alors la peur de nombreux japonais suite aux bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki et la possibilité qu'elles se reproduisent.

Au fil des films, alors que ceux-ci deviennent de plus en plus destinés à un jeune public et que l'énergie nucléaire devient de plus en plus populaire et symbole de progrès au Japon, Godzilla change : de monstre destructeur, il devient personnage héroïque. Dès lors, le personnage est présenté alternativement comme protecteur de la Terre (notamment du Japon contre les menaces externes) et comme porteur de destruction, étant le seul à pouvoir affronter d'autres kaiju - incarnant parfois eux-même des menaces pour le Japon comme la pollution avec Hedora, le capitalisme avec King Ghidorah, ou même les catastrophe naturelles avec Mothra (qui sera cependant tour à tour allié et ennemi de Godzilla) - , voir même des menaces extraterrestres (Godzilla : Final Wars). On le verra même devenir un père attentionné dans Le Fils de Godzilla.

Il restera cependant toujours incontrôlable, comme un rappel du danger constant que représente l'énergie nucléaire.



Godzilla à l'occidentale

- Godzilla, de Roland Emmerich (1998)

Film catastrophe dans la plus pure tradition du cinéma d'Emmerich (Independence Day, 2012), le film rencontra un franc succès mais fut totalement désavoué par le public japonais, au point d'être renommé GINO ("Godzilla In Name Only" : "Godzilla seulement de nom"). La Toho, gêné par l'impopularité du film auprès de ses fans, décide plus tard de renommer la créature Zilla dans son répertoire de kaiju. Sa courte apparition dans Godzilla : Final Wars sur We're all to blame de Sum 41 en est même limite parodique.

A l'origine de ce désamour se trouvent le changement radical d'apparence du monstre, rendu bien plus crédible et réaliste, ainsi que son absence réelle de symbolisme fort. Certes, Zilla est né d'essais nucléaires français dans le Pacifique, mais il n'est alors représenté que comme un animal qui cherche à se faire un nid pour pondre.




- Godzilla, de Gareth Edwards (2014)

Ce reboot est annoncé comme étant très proche de l'esprit du film original de 1954 et de la saga en général. Ainsi, le célèbre monstre retrouve son apparence bipède, son souffle atomique et affronte des créatures aussi féroces que lui. Le film ce présente comme une lutte entre l'homme et la nature, la menace nucléaire plutôt incarnée par les MUTO que par Godzilla, qui représente quand à lui les forces naturelles, invincibles et indomptables que l'homme à malgré tout cherché à contrôler. En utilisant l'énergie nucléaire sans retenue, l'homme libère les MUTO, monstres se nourrissant de radioactivité et contre lesquels il ne peut rien. Godzilla intervient alors pour rétablir l'équilibre, quitte à anéantir l'humanité sur son passage.

Énorme succès mondial, l'accueil au Japon reste mitigé, principalement car le Japon et les japonais se retrouvent rapidement évincés de l'histoire au profit des États-Unis. Le film a aussi été critiqué sur le fait que le personnage principal, Godzilla, ne possède que très peu de temps à l'image, au profit des MUTO, véritables monstres du film.




Conclusion

Au final, quelque soit les évolutions subies, Godzilla fascine et reste un mythe indépassable, allégorie ultime de la menace nucléaire et rappel constant que l'homme ne doit pas jouer à dieu avec une Nature qu'il ne peut réellement contrôler, ce que les japonais, habitués des catastrophes naturelles en tout genre, ont parfaitement compris. Un monstre issu de la nuit des temps et revenu pour rappeler à l'humanité qu'elle n'est que bien peu de chose.




Les conseils cinématographiques de Kyûbi-sama

Godzilla, de Ishirô Honda (1954)
Le Retour de Godzilla, de Motoyoshi Oda (1955)
King Kong contre Godzilla, de Ishirô Honda (1962)
Mothra contre Godzilla, de Ishirô Honda (1964)
Godzilla vs Hedora, de Yoshimitsu Banno (1971)
Godzilla vs King Ghidorah, de Kazuki Omori (1991)
Godzilla, de Roland Emmerich (1998)
Godzilla : Final Wars, de Ryuhei Kitamura (2004)
Godzilla, de Gareth Edwards  (2014)

Voir aussi Pacific Rim de Gillermo Del Toro (2013), excellent hommage au Kaiju Eiga.




Article : Kyûbi-sama
Correction : Musashi
Mise en page : Didi farl



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